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Je veux être libre de choisir et non subir

Il est 16h30 et à quelques minutes près je pleure depuis mon réveil à 11h (le sommeil est un refuge où ma pensée s’arrête). J’ai 37 ans et suis Maman d’un Pré-ado perspicace et sensible de 11 ans et d’une Chipie Charmeuse de 4 ans. Août 2014 : il y a deux ans, après 14 ans de vie commune leur Papa et moi nous sommes séparés. Nous n’avons pas pris suffisamment soin de ce beau « 1 + 1 = 3 » qu’on nomme le couple. Nous sommes restés en bons termes, pas question de se déchirer si notre interaction ne fonctionnait plus. Ni amants, ni amis mais des parents qui aiment partager des moments ensemble, en famille même si elle est atypique désormais. Depuis ma vie navigue entre sentiments de liberté, d’apaisement mais aussi encore de tristesse et de nostalgie. C’est le deuil d’un projet de vie. Non je ne cheminerai pas les cheveux grisonnants au côté du père de mes enfants. 19 janvier 2016 : je rencontre mon actuel compagnon. Le courant entre nous passe immédiatement. Il est doux et tendre. Il me confie très vite qu’à bientôt 38 ans, il désire fonder un foyer, avoir un enfant. Je ne suis pas hermétique à ce projet mais pas question de se précipiter. Je veux être sûre de mes sentiments et désirer moi aussi un enfant. Début mars 2016 : premiers nuages dans ce ciel bleu. Je réalise que le deuil de mon couple que je croyais enfin terminé ne l’est pas totalement. Après une semaine emplie de doutes, de craintes, de tristesse et de questionnements, je parviens alors timidement à bousculer mes émotions. Je suis décidée à prendre le risque d’être de nouveau heureuse avec mon nouveau compagnon. Alors que ce léger lâcher prise émotionnel commence à peine je découvre une semaine plus tard que je suis enceinte. Ma première réaction : « C’est trop tôt, beaucoup trop tôt ». N’ayant pas de vie sexuelle régulière et ne supportant plus mon implant, j’avais depuis ma séparation opté pour la solution du préservatif. Contraception qui peut fonctionner dès lors qu’on l’utilise ! Je ne m’explique pas mon imprudence … J’ai négligé ma contraception et je m’en veux. Mais voilà, je ne peux plus revenir en arrière. Après avoir réfléchi, peser le pour et le contre, taper ivg sur la barre de recherche « google » (mauvais idée car toute sorte de sites apparaissent dont des sites pro-naissance se dissimilant derrière des sites ivg) j’ai lu des témoignages qui m’ont ébranlée par leur charge émotive. A ce propos je m’interroge sur la neutralité d’un site comme « ivg.net ». Sous couvert d’informations, on y trouve énormément de témoignages douloureux et emplis de regrets (même dans leur rubrique forum « j’ai bien vécu mon ivg »). Bien sûr une alternative est à envisager. Nous avons le choix entre poursuivre une grossesse ou décider de la stopper, néanmoins je trouverai plus honnête que les sites d’information soient plus transparents dans leurs intentions. Le 1er avril, je décide de ne pas compromettre le développement de ce futur petit être. J’avais et j’ai encore le sentiment (c’est très personnel) en pratiquant l’ivg de mettre fin à une forme de vie. Sur le moment et pendant quelques jours, je me suis sentie soulagée par cette décision. Je n’avais plus à me poser de questions et à assumer à court terme la responsabilité d’une interruption volontaire de grossesse. Je pensais que la sérénité s’installerait. En réalité, après une courte période de latence, me voilà de nouveau depuis 2/3 jours en prise avec des doutes, des questionnements. L’ambivalence règne de nouveau sur le territoire de mes pensées. Je prends de l’acide folique en prévention d’une malformation tout en me surprenant à souhaiter, à espérer une fausse couche. Je ré-envisage l’ivg comme alternative. La vérité, c’est que j’ai eu besoin de m’accrocher à l’illusion que j’avancerai dans la vie en fondant une nouvelle famille. Mais au fond de moi, je sens bien qu’un bébé n’est pas le ciment d’un couple, le gage d’une nouvelle vie de famille pérenne. Avoir un enfant n’est pas et ne peut pas être pour moi le moyen d’échapper à mon passé … ce serait l’instrumentaliser à des fins personnelles au risque de lui faire porter la responsabilité d’un nouvel échec. J’ai besoin d’être sûre de mes sentiments envers mon compagnon. J’ai besoin de désirer et d’assumer totalement ma grossesse. Je me suis mise depuis deux jours à parler avec ce petit être en formation. Je lui explique je ne suis pas prête, que je suis désolée. J’entame des démarches en vue d’une ivg … et je sais que le parcours pour moi sera douloureux mais je veux être libre de choisir et non subir. Mettre en mots mes maux me fait du bien. J’espère qu’il aidera aussi d’autres femmes. Courage à vous. Tendres pensées

Caroline

2 commentaires:

  1. Cet espace de parole n’est absolument pas le lieu pour influencer les femmes qui se posent des questions, en jouant sur la peur ou la culpabilité.

  2. Bonjour Webmaster !
    J’ai découvert hier que j’étais enceinte et me trouve dans la même situation psychologique que Caroline. Envie d’avoir un bébé mais se dire qu’il est trop tôt ; ramer entre faire attention pour sa santé et espérer faire une fausse couche ; chercher sur Google des infos sur l’ivg et en même temps des témoignages de femmes « qui ont fait un bébé toute seule » (car c’est mon cas). C’est très dur comme situation ne vous en déplaise, et je trouve au contraire très bien ce témoignage.
    Cordialement,

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